Montre Palestine, Regarde
Plus jeune, l’ennui en classe me faisait dessiner de fausses montres à même le poignet, indiquant l’heure à laquelle l’école s’arrêtait. A chaque réflexe de regarder, le temps d’un très bref instant, j’étais contente : l’heure escomptée apparaissait. Alors je multipliais ces instants. J’espérais aussi secrètement que le dessin pourrait agir sur la temporalité réelle, comme un discours performatif, en quelque sorte.
Mais il y a d’autres urgences, d’autres impatiences désormais.
Quand est-ce qu’on arrête le massacre ?
Et pourquoi on ne lui donne pas l’heure à la Palestine ? (selon l’expression populaire). Pourquoi ne pas regarder ce qu’on nous montre ?
C’est bientôt une nouvelle année, l’heure des inestimables résolutions ?